Découvrez Espérance Odia Vago, une entrepreneure pour l’enfance engagée dans le Haut-Richelieu

Maman de plusieurs enfants, trois fois grand-maman et entrepreneure passionnée, Espérance Odia Vago a réalisé un rêve qu’elle portait depuis son passage en Suisse : ouvrir son propre service de garde en milieu familial. En août 2021, elle concrétise ce projet ici, au Québec, en offrant un environnement chaleureux et stimulant aux tout-petits.

Grâce à sa détermination et à sa volonté de contribuer activement au développement des tout-petits, elle a su créer un environnement sécuritaire, bienveillant et stimulant. Dans cette entrevue, elle partage les motivations derrière son projet, son approche éducative centrée sur l’humain, ainsi que ses conseils à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans le domaine de la petite enfance.

Parcours et motivation

1. Que faisiez-vous comme métier avant d’ouvrir votre service de garde?

Espérance : Je suis styliste, de formation universitaire, et ancienne mannequin de mode. Après le stylisme, je me suis tournée vers les soins infirmiers, en Suisse ainsi qu’ici au Québec.

2. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans ce domaine?

Espérance : Avec ma fille aînée de 29 ans, qui est née à Saint-Jean-sur-Richelieu, nous avions monté, en Suisse avant de revenir, un projet de garderie éducative. Nous l’avons concrétisé au Québec. Nous avons travaillé ensemble plusieurs années. Aujourd’hui, elle a sa propre garderie à Saint-Sébastien.

3. Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre quotidien avec les enfants?

Espérance : Les progrès des petits amis, au fil des mois et années de persévérance.

4. À quoi ressemble une journée idéale dans votre milieu de garde?

Espérance : Cela commence par l’accueil. C’est important de favoriser l’enthousiasme des amis. S’ils peuvent se sentir bien dès leur arrivée en début de journée, cela contribue beaucoup au bon déroulement des activités qui suivent.

Une journée type débute par des activités libres en attendant l’arrivée de tous les amis, puis la collation du matin, l’apprentissage académique et les révisions (l’alphabet en chanson, les jours de la semaine, les mois de l’année, les saisons, les noms des doigts de la main). Ensuite nous sortons nous oxygéner pour des activités en extérieur (jeux libres, course dans la grande cour de la garderie, nous observons nos amis les lièvres, écureuils, les marmottes, oiseaux, insectes, en été nous plantons des graines pour faire pousser fleurs et légumes, que nous arrosons et cultivons).

Sur place, nous avons plusieurs équipements comme dans un parc de loisirs (balançoires pour les plus petits et les amis plus grands, glissade, carrés de sable, voiturettes, maisonnette, pataugeoires et jeux d’eau pour les journées chaudes). Pour les occasions spéciales (la journée de graduation, par exemple, nous installons aussi les grands jeux gonflables).

Nous prenons le repas dans la grande cour à l’ombre des arbres chaque fois que la météo le permet. Après le repas nous avons un moment de lecture en compagnie des livres préférés des amis, suivi d’une causerie. C’est ensuite le moment d’une sieste bien méritée.

Nous avons aussi un grand piano tapis, pour les périodes de musique et solfège.

Les Petits Suisses (c’est le nom officiel de la garderie) est un environnement « zéro écran » (ce qui ne nous empêche pas d’avoir quelques matinées pyjama, pop-corn et cinéma, avec de petits films projetés sur le mur).

Philosophie éducative

5. Quelle est votre approche éducative avec les enfants?

Espérance : Cela prend de l’empathie, la collaboration avec les parents, de comprendre que chaque enfant est unique, qu’un enfant a besoin d’apprendre par le jeu, qu’il est acteur de son développement. Je m’inspire bien sûr du programme officiel Accueillir la petite enfance.

6. Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre aux enfants et à leurs familles?

Espérance : Une bonne hygiène de vie (rythme, alimentation), la connaissance et le respect de la nature, la propreté, le respect des limites des autres et la force de poser ses propres limites et de savoir l’exprimer.

7. Comment vous assurez-vous de respecter le rythme et les besoins individuels de chaque enfant?

Espérance : C’est tout le défi de ce travail et tout l’art de trouver un juste équilibre entre la liberté, indispensable au quotidien de jeunes enfants, et le désir de suivre un programme, la nécessité de poser un cadre. Mais rien n’est « coulé dans le ciment ». Il faut savoir faire des concessions ici et là, et ce n’est pas bien dramatique.

Le rôle du programme Entrepreneur.e pour l’enfance

1. Que pensez-vous du programme Entrepreneur.e pour l’enfance et de son impact dans votre région?

Espérance : Soyons réalistes. Ce métier demande beaucoup de patience, de pédagogie, des formations en continu, de l’investissement (en temps, en argent et autres ressources). Si la garderie est ouverte 50 heures par semaine, cela veut dire que la responsable du service de garde en travaille probablement 60. En fait, c’est comme pour toute entreprise, à ceci près que ce travail demande de la patience comme dans peu de métiers, de puiser dans ses ressources personnelles, sans doute davantage que dans la mode, pour prendre un milieu que j’ai connu. Il faut donc des incitatifs, sans lesquels nous manquerons de ressources (pensons aux garderies qui ferment chaque jour, et au défi que représente le manque d’employés, dans ce milieu aussi).

2. De quelle manière une bourse comme celle offerte dans le cadre du programme aurait-elle pu vous aider lors du lancement de votre service de garde?

Espérance : À m’assurer certains arrières, n’eut été que pour la tranquillité d’esprit.

3. Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite se lancer dans ce domaine et qui envisage de participer à ce programme?

Espérance : Ouvrir un service de garde éducatif en milieu familial demande un investissement (en argent, en patience, en persévérance) souvent insoupçonné. Je connais plusieurs personnes qui se sont installées au Québec sans bien évaluer la question des longs hivers. Et je connais plusieurs personnes qui ont ouvert un service de garde sans bien évaluer l’investissement et parfois le sentiment d’ingratitude, de manque de reconnaissance, dans ce travail. Il faut être sûr de le faire pour les bonnes raisons : les enfants.

Organisation, communication et reconnaissance

4. Qu’est-ce qui vous rend le plus fière dans votre parcours jusqu’à maintenant?

Espérance : Ma ténacité et mon audace.

5. Comment établissez-vous une relation de confiance et une bonne communication avec les parents?

Espérance : Par la rigueur dans mon travail. Je m’attends au même sérieux de la part des parents envers moi, que j’en ai envers eux et envers mes premiers clients que sont les enfants.

6. Quelle forme de reconnaissance aimeriez-vous que le métier de responsable de service de garde en milieu familial reçoive dans la société?

Espérance : Sommes-nous bien conscients que ces enfants passent davantage de temps (hormis les heures de sommeil) avec nous qu’avec leurs parents ? Ces petits sont comme de jeunes arbres. Si vous le permettez, j’aimerais vous partager quatre réflexions :

  • Maria Montessori, célèbre pédagogue, affirmait que « les premières années de la vie sont les plus importantes pour le développement de l’intelligence ».

  • Sigmund Freud a souligné que les expériences précoces façonnent la personnalité et les comportements futurs.

  • Jean Piaget, psychologue du développement, a montré que les structures cognitives se forment très tôt et influencent la pensée tout au long de la vie.

  • Boris Cyrulnik, neuropsychiatre français, parle souvent de l’importance de l’attachement et du vécu émotionnel dans les premières années comme base de la résilience.

Si cela n’est pas assez important, alors je ne sais pas quoi dire !


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